TRAVAIL vs CHOMAGE : L’affaire du siècle

Le 1er mai de chaque année, l’on célèbre à travers le monde entier, la journée mondiale du travail. Occasion toute trouvée pour rendre un vibrant hommage à ces bâtisseurs de la nation. A Abidjan, l’on se retrouve entre potes/copines pour prolonger les afterwork (mot très tendance en ce moment), autour de bons plats sans oublier l’accompagnement qui convient. Il faut bien que ce jour férié soit mis à profit. Autour des tables, à y voir plus clair, il se trouve beaucoup plus de chômeurs. On profite comme on peut des largesses de ceux qui ont un pouvoir d’achat conséquent. La situation du travail, faut-il encore la rappeler, est alarmante. 
 
Une personne en quête d’emploi est bien plus vulnérable que cela ne parait. Autour d’elle, les charognards – c’est le nom qu’il convient d’utiliser – rodent à la recherche de la moindre opportunité pour frapper un grand coup. 
 
 Pour travailler il faut payer 
Quoi de plus normal, vous recherchez un emploi qui vous rapportera un salaire mensuel alors, pourquoi refusez-vous de payer ? C’est en quelque sorte un investissement sur le court terme en plus. Ainsi ficelé, le chercheur d’emploi sera très vite pris au piège s’il ne fait preuve d’une hauteur d’esprit. Mais comment faire preuve d’une hauteur d’esprit quand on traine ses diplômes depuis plusieurs années, l’âge qui ne cesse d’avancer et les soucis de la vie qui deviennent difficilement supportables ? Le chercheur d’emploi est une proie de choix pour tout type de scénario. 
 
Plus besoin de chercher, le travail vient à vous 
Je suis certain de ne pas être le seul à avoir reçu ce genre de messages que je qualifierais de sordides. En claire, vous recevez un message dans lequel votre prétendu oncle vous demande de lui faire parvenir vos dossiers car, lui aurait des prétendues places, dans plusieurs  prétendus ministères. La suite  c’est que vous l’appeliez et le scénario se met en place. 
 
Un ami ayant tenté le coup pour essayer d’y voir plus clair m’a rapporté que l’arnaqueur lui aurait sorti la carte de celui qui s’est trompé de numéro et que le sms était destiné à son neveu. En pareilles circonstances comment réagirait un chômeur ? Évidemment il prendra son ticket pour le second niveau du “jeu”. Notre ami expliqua à son interlocuteur qu’il était intéressé par “l’affaire”. La suite nous la connaissons tous, il faut envoyer les dossiers en ayant au préalable payé une certaine somme d’argent. Inutile de signifier que nous sommes en plein cœur d’une arnaque organisée et ficelée à la manière d’un arnaqueur du black market * d’Adjamé.
 
Pour un simple stage, il faut aussi payer 
 Disséminées à travers la ville, certaines officines s’improvisent en cabinet de recrutement et de placement. Ce scénario là, je l’ai moi-même expérimenté. Il fut un moment où j’étais en quête de stage. Il me fallait l’avoir pour pouvoir passer à la soutenance de mon diplôme. Dans un journal de la place, une offre attira mon attention. Elle signifiait qu’une entreprise, sans qu’aucun nom ne soit mentionné, offrait des stages. Dans la soirée, mon CV était déjà dans la boite mail de ladite agence dont je tairai le nom. Quelques semaines plus tard, j’étais dans leurs locaux. Dans un bureau d’à peine quelques mètres carrés, je fus accueilli par une dame dont le sourire avait le mérite de me mettre en confiance. Les choses allèrent alors aller très vite : 
  1. Il faut payer une fiche d’identification = 500 Francs 
  2. Il faut régler les frais d’entretien = 2000 Francs  
Des semaines plus tard, j’étais de retour dans leurs locaux. Ce jour-là je n’étais pas du tout seul. Je fus surpris de remarquer le grand nombre de personnes qui comme moi aspirait à ce stage dans cette prétendue entreprise.
Dans un entretien aussi étrange qu’inutile, l’on me promit qu’on me rappellerait. 
Je dû attendre l’appel le temps qu’il fallait que j’attende. Puis un jour, l’on m’appela (enfin ?). Une entreprise avait besoin de stagiaires, il fallait alors faire vite. Il faut comprendre que depuis le début, aucun stage n’était “disponible” comme ils le prétendaient, ce n’était que maintenant qu’ils en avaient sous la main. 
Pour faire partir des “heureux élus”, il fallait débourser la somme de 15.000 francs. Heureusement ou malheureusement, lorsque j’arrivai dans leurs locaux ce jour-là, l’on me signifia que toutes les places, au nombre de 5, étaient déjà prises. En d’autres termes, ils avaient encaissé 5 x 15.000 francs avant mon arrivée. Ils ne manquèrent pas d’insister pour que je paye les 15.000 Francs, ainsi je serais prioritaire pour les prochaines occasions. 
Ma surprise fut grande lorsque quelques semaines plus tard, quand je débutai un stage dans une entreprise ou j’avais déposé une demande en bonne et due forme, je retrouvai certaines des personnes avec qui j’avais fait l’entretient dans ladite agence.  
 
Des années plus tard, je ne fus pas du tout surpris de voir le nom de cette agence citée sur une liste que le ministère de l’emploi avait rendu public pour dénoncer les cabinets de placement véreux. 
 
L’arnaque continue
Ces deux scénarios ne sont que quelques-uns parmi plusieurs. Les arnaqueurs ne manquent pas d’imagination pour “se faire plus de personnes”. Le demandeur d’emploi est une proie qui, dans bien des cas, n’a plus rien à perdre. Dommage que cette situation continue de prendre de l’ampleur de plus en plus. L’état ne cesse de le répéter, la solution c’est l’entreprise privée. Encore faut-il trouver les voies et moyens. 
 
Pour ne plus être obligé d’appeler “le petit du quartier” qui a une situation financière stable “vieux père”, certains sont prêts à risq
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