Don de Soi : Honneur à ces héros anonymes !

Certains sentiments sont tellement difficile à extérioriser que le silence le fait parfois mieux. Le samedi 16 octobre dernier, la vie m’a enseigné un grand nombre de leçons. Il m’a fallu plus d’une semaine pour dissiper toutes mes émotions et réussir enfin à mettre des mots sur ce que mon cœur a ressenti. Il m’a fallu autant de temps pour me rendre compte que dans ce pays, il existe des héros anonymes qui méritent d’être célébrés.

Sur initiative d’une amie, nous avons embarqué à bord d’un autocar, emportant avec nous des biens divers. Notre humble mission a consisté ce jour-là à nous rendre dans trois centres pour enfants orphelins, abandonnés, handicapés… ceux que la vie a mis en marge de la société. Nous n’avions pour seul but que de leur donner un peu de nous. Mais en fin de compte, c’est nous qui les avons dépouillé car en réalité, tous ces enfants avaient de grandes leçons à nous dispenser, pour toute la vie.

Donner, s’apprend et ne rime pas avec la quantité

Lorsque j’ai entendu parler de « Don de Soi », je n’ai pas hésité une seule seconde à y adhérer. C’était pour moi une occasion en or afin d’apporter un peu de joie aux autres, qui de plus se trouvaient être des enfants. Auparavant, j’apportais ma contribution financière à chaque fois que cette amie m’en parlait et je pensais faire le nécessaire. Du haut de mon ego parfois surdimensionné, je me réjouissais d’avoir accompli un acte noble. J’aurais surement, si l’occasion se présentait, présenté cela au bon Dieu pour justifier la mise en pratique de sa parole. Il faut bien venir en aide aux plus faibles non ? Je l’aurais fait c’est sûr, jusqu’à ce que ce jour-là je découvre que donner va au-delà du simple fait d’apporter à l’autre. Depuis, beaucoup de choses ont changé dans mon esprit.

Pouvoir passer du temps avec les enfants de la pouponnière Marie Thérèse Houphouët-Boigny d’Adjamé, ceux de la Fondation Sacré Cœur Marcory, et ceux du Foyer Don Bosco de Koumassi, je crois que cela vaut bien plus tous le matériel que nous leur avions apportés. Il n’y avait qu’à observer les mines gaies, les sourires, puis les fous rires. Il n’y avait qu’à capter un brin de la complicité qui s’était créée, le temps d’une visite, entre ces enfants – coupables d’être innocents dans une société qui, semble-t-il, fonctionne assez bien sans eux – et leurs providentiels (?) visiteurs que nous étions. Il n’y avait qu’à voir perler sur leurs joues des larmes quand venait le moment de les quitter.

Ces enfants ont certes apprécié nos dons, mais encore plus notre présence auprès d’eux. Parfois, donner ne se résume pas à tendre à l’autre son superflus (ou non), c’est aller bien au-delà, c’est se donner.

Honneur à ces héros anonymes !

L’amour, la passion puis la vocation. Les hommes et les femmes que nous avons rencontrés dans ces centres méritent pour moi bien plus que des hommages. J’ai perçu à travers leurs yeux une passion que j’ai rarement aperçue autour de moi. Entre engagement, sacrifice et dévouement, les héros que nous avons côtoyés donnent à ces enfants un amour que certains parents ne donnent pas aux leurs. Avec patience, amour et surtout beaucoup de sagesse, ils redonnent de la chaleur à ces bambins qui, pour la plupart, ignorent que leur condition est différente de celles de leurs amis qui sont là-bas dehors, dans des familles dites normales.

Comment passer sous silence le témoignage de cette dame qui après être passée à deux doigts de la mort lors d’un accouchement, a considéré sa « seconde chance » comme une opportunité pour offrir un peu d’amour et la chance de grandir dans un environnement sain, à des enfants dont les mères sont malheureusement mortes en donnant la vie. Sans subvention officielle, elle parvient à prendre soin de 28 enfants en très bas-âge pour certains. C’est tout simplement merveilleux !

Pour moi, ce sont ceux-là qui méritent d’être célébrés. Une personnalité (personne médiatisée) peut bien poser des actions caritatives, cela est même à encourager. Mais je trouve que ces actions, peu importe leur portée, n’auront jamais le même poids que celles de ces héros qui vouent leurs vies à la protection des enfants et qui jamais peut-être ne recevront une récompense, de qui que ce soit. Ce sont ceux-là les véritables héros. Et ils méritent d’être célébrés à la hauteur de leurs actions.

 

Vous pouvez avoir de plus amples informations sur Don de Soi en suivant ce lien.

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