ECRITUDE : Et pourtant rien n’était gagné !

L’année 2018 a lentement passé le flambeau à 2019. Mais non, je me suis promis de ne plus faire ce genre d’introduction. On reprend tout. C’est mon blog et je fais ce que je veux… en plus de ce que vous voulez bien sûr.

Revenons à l’introduction entamée plus haut. L’année 2018 a eu son lot de défis. Je vais être direct. Le plus grand de tous a été, sans aucun doute, l’organisation du spectacle Ecritude. Au regard des retours que nous avons eu après le spectacle, je puis dire avec certitude que ce fut une réussite. Et pourtant rien n’était gagné ! 

Cet article prendra une allure assez étrange. Je vous partagerai une série de cinq résolutions que j’ai décidé de prendre pour 2019, en m’appuyant sur les leçons apprises du spectacle Ecritude. On fait d’une pierre deux coups.

Entrée des participants

1- Oser : Si le seul risque est d’échouer, alors pourquoi ne pas essayer de réussir ?

Réussir à écouler 600 tickets, afin de réunir autant de personnes un soir de 7 décembre autour de la poésie et du slam, c’est le pari fou que mes amis de l’Ecole des Poètes et moi [ c’est la formule la plus simple pour dire que j’en suis membre ] avons pris. Nous y avons cru jusqu’à paraître trop rêveurs aux yeux de certaines personnes. A certains moments, il nous a fallu faire la sourde oreille. Et pourtant, rien n’était gagné ! 

Nous avions une date, enfin une proposition de date. Nous savions ce que nous voulions. Seulement, nous ne savions pas vraiment où nous allions. Le spectacle Ecritude s’est tenu, contre toute attente, au palais de la culture Bernard B. Dadié. La seule évocation de ce nom donnait un prestige de plus à l’événement. Et dire que nos espoirs étaient ailleurs. C’est suite à un refus en raison de calendrier bouclé, que nous nous sommes rabattus sur le palais de la culture, un peu par dépit. En fait, nous n’y croyions  vraiment pas. Mais quelle ne fut notre surprise. En moins de 30 minutes d’échange avec les responsables de ce temple de la culture, nous avions obtenu un accord de principe. Il s’agissait là d’une grande victoire pour nous. Finalement, le spectacle s’est bel et bien tenu au palais de la culture, à la salle Kodjo Ebouclé. Et pourtant rien n’était gagné  ! 

Ma résolution :

J’ai pris la résolution de ne pas me limiter en me focalisant sur ma propre logique. Parfois, il faut juste faire le pas pour voir ce qui nous paraissait impossible se produire. Oser c’est décider de ne pas se sauver devant l’impossible, mais l’affronter au risque de perdre.

Une vue de la salle / CREDIT : SnapBuzz

2- Fuir la procrastination : Attendre c’est reculer la période de correction des erreurs

Comme c’est le cas dans l’organisation de ce genre de spectacle, la liste des actions à mener est interminable. A mesure que l’on se rapproche de l’échéance, la liste s’allonge. Et il arrive même que des tâches qui semblaient être achevées, refassent surface. Et puisque nous étions à la fois artistes du jour et organisateurs, il a fallu faire des mains et des pieds. Je ne parle pas d’anatomie. Entre les prises de rendez-vous et les confirmations, il fallait faire preuve d’une rapidité d’exécution assez impressionnante. Bon nombre d’opportunités nous ont échappé avec à la base cette raison qui glace la motivation : « vous ne vous y êtes pas pris tôt ». Dans certains cas, ce sont des procédures que nous avions maintes fois reportées… comme les demandes de la prise en charge des billets d’avion de certains de nos invités, ou des actions plus basiques comme l’impression des badges d’accès. Le tout est dans l’exécution qui se mesure à l’efficacité. Malgré tout, nous sommes parvenus à vider la liste des choses à faire avant leur échéance pour la plupart. Pour le reste, ça été dommage mais les leçons nous les avons acquises. C’est peut-être cela le plus important finalement. Et pourtant rien n’était gagné  ! 

Ma résolution :

Cet article, j’avais prévu le publier avant le 31 décembre 2018. Jeudi 3 janvier 2019, 17 H 26, et je suis encore en train de chercher comment conclure le deuxième point de la liste des cinq résolutions prises pour cette année. Bref, le chantier est encore vaste. Mais ne pas lâcher, c’est aussi la première décision à prendre pour respecter les autres décisions déjà prises. En réalité, la procrastination est l’OGM de l’inaction. Les excuses embellissent les arguments sans réduire l’impact de leurs conséquences négatives.

L’Honorable Yasmina Ouégnin a effectué le déplacement / CREDIT : SnapBuzz

3- Apprendre à compter sur les autres : Ensemble on va lentement, mais on a plus de chance d’arriver à destination

Ecritude a été un spectacle de l’Ecole des Poètes. Mais qu’aurait-il été sans toutes les personnes dont prendre le risque de citer les noms ici, allongerait cet article à l’infini. Pour tout dire, sans elles le spectacle n’aurait pas été. Parfois même, il a suffi d’un coup de fil pour que certaines portes fermées à double tour s’ouvrent grandement devant nous. Et je ne parle pas des personnes qui tiraient les ficelles dans l’ombre pour nous permettre d’avancer. D’autres fois, ce sont les personnes de qui nous n’attendions pas grand-chose qui nous ont filé un coup de main, nous foutant ainsi une grosse claque avec une main encore plus énorme, au regard de la violence du coup. Nous avons appris à ne pas limiter l’apport de la solidarité.

L’un des succès de ce spectacle repose sur la communication. Bien sûr, il a fallu de la créativité [j’y reviendrai plus bas] et de la stratégie, mais il a aussi fallu une armée de “relayeurs” ; essentiellement sur les réseaux sociaux. Sans ces personnes, faire le spectacle à guichets fermés aurait été impossible.

Nous avions du mal à tout coordonner. Elles ont été là, ces personnes qui ont pris le relais quand nous étions à bout. Nombreuses sont-elles à avoir exigé que nul ne les cite. Leur plus belle reconnaissance serait la réussite du spectacle. Quelles belles âmes !

Il nous a aussi fallu faire confiance aux membres de l’Ecole des Poètes pour exécuter certaines actions sans que ceux-ci soient des experts dans ces domaines. Et l’avantage c’est que chacun a beaucoup appris en fin de compte. Et pourtant rien n’était gagné ! 

Ma résolution :

Au nombre de mes résolutions, j’ai inscrit en lettre d’or « apprendre à compter sur les autres ». Parce-que je le reconnais, j’ai du mal à déléguer certaines tâches. Pour faire une vidéo par exemple, j’ai parfois une envie en apparence normale, d’être celui qui sera derrière la caméra, jusqu’à ce que ce soit mon tour de passer devant la caméra. Et là, la volonté de me dédoubler fait rage dans mon esprit. Étrange tout de même.

Docteur Alain Tailly, l’homme par qui tout a commencé

4- Laisser s’exprimer la créativité : Les balises limitent la magie qui pourrait venir de la folie de l’esprit

« Quand on n’a pas les moyens, il faut être malin ». Je tiens cette phrase d’un ex patron. Depuis, j’essaie toujours d’en tenir compte. Nous étions parfois à deux doigts d’abandonner le spectacle suite à certains rebondissements. Mais à chaque fois, nous avons su trouver la bonne astuce pour continuer la route. Et pour cela, il a fallu faire preuve de créativité.

Si nous avons été applaudis quelque part, c’est surtout au niveau de la communication. Bien sûr, nous avions une stratégie montée de bout en bout. Et puis sur le chemin, il a fallu improviser. Mais pas dans n’importe quel sens. Nous avons greffé à la stratégie de base, des éléments qui ont apporté ce boom que plusieurs ont salué.

Il y a eu par exemple cette vidéo que nous avons enregistrée après une séance photo. Après le shooting, toute l’équipe est présente, et on a envie de produire quelque chose. En quelques minutes, l’idée est soumise, adoptée, puis exécutée. Au montage, les choses vont encore plus vite. La vidéo est segmentée en deux parties. La première est publiée. Nous sommes agréablement surpris par les avis. La deuxième – la suite – vient achever l’œuvre. Ce qui était parti pour être une idée exécutée sur un coup de tête, donne, pour ainsi dire, un cachet spécial à la communication.

 

Cet exercice sera exécuté après la dernière séance de répétition. Nous ne savions pas trop quoi faire des rushs, d’autant que le temps ne nous permettait plus de les exploiter. Jusqu’à ce qu’au matin du 8 décembre – lendemain du spectacle – il germe l’idée de les exploiter pour dire MERCI.

A ce niveau, qu’il me soit permis de citer deux noms. Je vais le redire, c’est mon blog et je fais ce que je veux… en plus de ce que vous voulez bien sûr. Alors je vous mets le nom de deux personnes – avec des liens en dessous – que vous pouvez contacter pour vos besoins de :

Maquillage : Claudia Tiacoh

Infographie : Elvis Ouffouet

Les idées sont venues de tous les membres de l’équipe. Parfois il a fallu de longues minutes d’argumentations pour valider une idée et/ou refuser une autre. En fin de compte, le résultat a été apprécié et l’objectif atteint. Pour autant, ce ne fut pas facile. Comme ce fut le cas pour la réalisation du spot, pour lequel nous avons dû rattraper le travail bâclé par une personne qui avait pourtant été payée. Et pourtant rien n’était gagné ! 

Ma résolution :

En 2019, j’ai pris la ferme résolution d’aller au bout des idées qui me viennent à l’esprit, et Dieu sait quelle grâce j’ai d’en avoir d’aussi nombreuses. Suivre la ligne qu’on s’est tracée c’est bien, mais laisser une porte d’entrée pour les futures idées, c’est une option à intégrer toujours.

5- Rester authentique : Se façonner pour le public ou façonner le public à notre guise ? La question !

J’aurais péché si je ne disais pas merci aux membres du collectif Au Nom Du Slam pour leur soutien et leurs conseils. D’ailleurs, d’eux je tiens cette phrase « eux ils ont décidé de faire ce qui marche, mais nous on a décidé de faire marcher ce qu’on veut ». Cette pensée est hautement philosophique pour moi, elle est même existentielle. En fait, tout part d’un choix. Quitte à l’assumer ou à renoncer quand viennent les difficultés.

Lorsque nous annoncions un spectacle de poésie un vendredi, qui de plus devrait réunir 600 personnes, c’était un rêve un peu fou. Des semaines plus tard, nous annoncions fièrement que nous n’avions plus de ticket. Un ami à qui j’en avais parlé m’a conseillé ceci : « il s’agit de votre premier spectacle payant. Pourquoi ne pas le faire dans une salle plus modeste ? » Son observation puis sa question, avaient tout leur sens. Mais la force que nous ressentions en nous, cette conviction qu’on ne peut taire, nous disait que nous pouvions y aller. Et nous l’avons fait.

Voir le public debout à la fin du spectacle est l’une des plus belles expériences qu’il m’ait été donnée de vivre. De toute l’équipe, je suis persuadé de ne pas avoir été le seul à considérer cette victoire comme telle. Et nombreuses sont les personnes qui ont avoué ne pas savoir que de telles choses se faisaient en Côte d’Ivoire. Quand tu entends une telle phrase, ce n’est même pas de la satisfaction que tu ressens, c’est bien plus que cela. Et pourtant rien n’était gagné ! 

Ma résolution :

Depuis plusieurs années, je m’inscris dans des cases qui ne sont pas forcément partagées par la masse. Que ce soit les thèmes sur lesquels j’écris, mes projets qui mettent toujours, le maniement des mots, l’observation puis l’analyse, au centre de tout, j’ai parfois l’impression d’être un incompris. Pour cette année, ma résolution sera de suivre la force de mes convictions, et de poursuivre ces chemins jusqu’au bout, avec la même abnégation. De belles choses arrivent bientôt !

Au delà des difficultés rencontrées, sans vouloir faire dans la prétérition, je ne parlerai pas du fait que nous n’avions pas de lieu fixe pour répéter, et qu’il n’y a que lors de la dernière répétition que nous avons bénéficié des commodités du Goethe Institut, je ne parlerai pas non plus des soutiens qui nous ont lâché à la dernière minute, Ecritude a été une très belle expérience de vie. J’ai ici une pensée spéciale pour nos invités qui ont apporté un cachet particulier : Apocalyptique et Kounandy (Mali), Mbz Le Slamticien (Burkina-Faso), Jeff Eusebio et Menteur Ambulant (Togo), et Satyre La Rime Plate (Benin).

Que Dieu bénisse le 2 février !

Tiens, l’article fait 2019 mots ! 

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